Eh oui, je suis ce que l’on appelle un auteur « Amazon » ! C’est à dire, à en croire celle qui fut ma libraire, que j’ai signé avec le diable et que je contribue à la mort du livre au sens noble du terme. Bon bon bon… Peut-être serait-il temps de faire une petite mise au point :

Tout d’abord, pourquoi ai-je eu envie de m’auto-publier sur la plateforme Amazon KDP ?

Eh bien pour être lu, tout simplement ! J’avais jusqu’alors signé deux titres avec les éditions La Main Multiple et le patron de cette petite maison (je sais qu’il ne m’en voudra pas) avait beau faire des pieds et des mains, sans distributeur digne de ce nom, je n’avais aucun espoir de voir mes livres mis en avant chez les libraires. Je ne touchais donc qu’un nombre restreint de lecteurs alors qu’en quelques clics, mon polar suivant, « Curriculum mortem », s’afficha sur les ordinateurs de milliers de personnes dont, immanquablement, quelques-uns devinrent des lecteurs ! Et puis, il y avait aussi l’expérience d’Agnès Martin-Lugand. Je sais que nombre d’auteurs indépendants s’en défendront, mais imaginer bénéficier un jour d’un premier tirage à 50000 exemplaires ou être traduit dans une vingtaine de langues, j’en connais peu qui refuseraient au nom d’une pseudo-éthique…

Que s’est-il passé ensuite ?

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Sur le stand Amazon, avec Clément Monjou et Julien Aranda

Ça a plutôt bien marché, il faut l’avouer. » Curriculum mortem » s’est mis à grimper dans le top 100 des ventes (le baromètre Amazon) jusqu’à la première place qu’il aura trusté plusieurs semaines de suite. Je ne fus pas pour autant contacté par un éditeur traditionnel, comme cela a pu se produire pour certains, car, n’en déplaise une nouvelle fois à ma libraire, les éditeurs contribuent à leur façon au succès d’Amazon. En négligeant les manuscrits qu’ils reçoivent par la poste pour guetter d’un œil cupide « se qui se vend » sur KDP, ils encouragent nombre d’auteurs talentueux à se faire connaitre par ce biais. Donc, l’année suivante, je sortais « Enquête à l’arrivée ». Le succès n’était pas celui que j’espérais, certes, mais les critiques de lecteurs qui suivirent me confirmèrent néanmoins que je n’avais pas mis totalement à côté avec ce titre. Peu de temps après, je faisais un tour au Salon du Livre de Paris et me rendais évidemment sur le stand Amazon. Ce fut d’une part l’occasion de passer un excellent moment avec les collègues auteurs avec qui nous correspondions via FB (Jacques et Jacqueline Vandroux, Wendall Utroï, Cédric Charles Antoine, Alice Queen… Et toutes mes excuses à ceux que je ne cite pas mais qui se reconnaîtrons aisément), et d’autre part, l’opportunité de faire connaissance avec ceux et celles qui « font » Amazon KDP. Quelle déception ! Avec tout ce qui se disait sur le monstre Amazon, je m’attendais à trouver de véritables requins, qui ne voyaient en un auteur qu’un chiffre d’affaire potentiel… Eh ben non ! Non seulement, ils sont tous et toutes d’une gentillesse rare et toujours disponibles pour répondre aux questions que peuvent se poser les nouveaux arrivants sur la plateforme, mais figurez-vous qu’en plus… ILS LISENT ! Mais ça, c’est l’objet de l’article qui suit…

Amazon Publishing

Donc, chez Amazon, on lit. Et pour cause, puisque la filiale « édition » de la marque qui jusqu’à peu n’œuvrait qu’aux États-Unis, a étendu ses activités à la France. Et même si cela semble surprendre les journalistes de « Lire » ou de « Livre Hebdo » qui m’ont invité à témoigner sur le sujet, l’éditeur, Clément Monjou en l’occurrence, fait son travail. C’est à dire qu’il lit les textes qu’il repère sur la plateforme, contacte éventuellement l’auteur, lui transmet les termes d’un contrat puis, en cas d’accord, soumet le texte à plusieurs correcteurs afin d’identifier des pistes d’amélioration et se lancer à la chasse aux coquilles et aux ultimes fôtes d’orthographe. Ensuite, il reste la conception de la couverture, la rédaction des textes d’accroche, l’envoi d’exemplaires à la presse et aux blogueurs (blogueuses surtout, voir plus bas). Une fois livre sorti, il le soumet également aux différentes filiales d’Amazon, Audible et Amazon Crossing, pour étudier les possibilités de versions audio ou de traductions… Bref, un « vrai » travail d’éditeur !

Ah oui, j’allais oublier de vous dire…  Mon dernier opus « Les loges du mal », est sorti sous le label « Amazon Publishing ».