Dans le parcours de ce que j’ai envie d’appeler un « auteur Amazon », qu’il soit « indé » « apub »ou « hybride », il y a une étape qui revêt pour la plupart une importance capitale, c’est celle de la traduction. Cette étape, tel un Graal, que j’ai franchi depuis peu grâce à la regrettée Emilyne (ne vous méprenez pas, elle va très bien. C’est juste qu’elle a quitté Amazon), je souhaitais la partager de l’intérieur avec ceux qui n’ont pas encore, mais ça ne tardera pas à venir, connu ce privilège.

Le schéma avec Amazon Crossing est assez similaire à celui de la sortie d’un titre français, avec toutefois quelques différences. Ça commence par un premier contact avec l’éditeur, premier contact enthousiaste (Your fantastic book ! Trop forts ces anglais) qui après avoir testé quelques traducteurs choisit celui, ou celle en l’occurrence, qui s’est le mieux imprégné de l’ambiance du roman. Tout de suite après, je me suis occupé de compléter les questionnaires qui serviront ensuite aux services éditoriaux et marketing. Trois au total : un sur le roman en lui-même, l’intrigue, les personnages, les lieux et ambiances…  Un sur l’auteur (attention au melon lors de cette phase). Un, ensuite, qui a pour but de donner des indications au lecteur de la version audio.

Vient ensuite la longue, très longue (ben oui, on est impatient) phase de traduction. Quelques échanges avec Alexandra, la traductrice, pour remplacer certaines références qui ne parleront absolument pas aux lecteurs anglo-saxons. Un mail de l’éditeur réclamant une petite modification sur une fin de chapitre, puis le silence radio pendant des semaines.

Dans l’intervalle sont arrivées les propositions de couverture. Moment un peu angoissant parce que, après avoir jeté un œil à ce qui se passait sur la boutique Amazon UK, il est clair qu’en matière de graphisme, on n’est clairement pas sur le même registre. Donc, on laisse faire, on donne tout de même son avis, on soumet une idée, refusée tout de suite, et de fait, on tombe d’accord très vite.

Comme en France, après les ultimes relectures et le projet fini, le roman est proposé en avant-première aux « lecteurs pros » sur la plateforme NetGalley. « Six months to kill » a ainsi inspiré dix-sept commentaires, pour une note moyenne de 4,1*. Pas mal pour une première.

Arrive alors la dernière phase, le lancement, et c’est là que ça diffère un peu plus.

Contrairement à ce que Apub a l’habitude de faire en Europe, la version numérique est disponible avant les versions « papier » et « audio ».  Mon bouquin est donc sorti le 30 juin pour les liseuses alors qu’il faudra patienter jusqu’au 13 août pour pouvoir le tenir en main. Autre différence, le livre est proposé pendant le 1er mois au prix de 0,99€. Sans doute un mal nécessaire pour attirer l’œil du lecteur dans la foultitude de titres disponibles en anglais.

Enfin vient la promo au sens propre et là, je dois dire que ça envoie du bois. Bandeaux, newsletters, couverture « surgissante » sur les liseuses… Je vous mets quelques photos pour vous donner une idée. Le résultat de tout ça ? Eh bien trois semaines après la sortie de la seule version  numérique, on en est à 2500 exemplaires, avec plus des trois quarts vendus en Australie. On attend donc que les Anglais et les Américains se réveillent (ça doit être juste un problème de fuseau horaire) et pour ceux qui se poseraient la question, non, contre toute attente, les frères Cohen ne sont pas encore manifestés pour acheter les droits… ça viendra !